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Les Éditions Zoé publient, pour la première fois, Envoyée spéciale en Mandchourie, le reportage qu’Ella Maillart y réalisa en 1934. Aventures garanties, l’humour en plus !

Rendue familière au grand public par la merveilleuse Joueuse de go de San Sha, l’histoire de la Mandchourie des années 1930 n’a pourtant rien de simple. Lorsqu’Ella Maillart y débarque, elle a vingt-neuf ans, le Manchoukouo… trois !
La Mandchourie, au nord-est de la Chine, avait été régie par les Russes pendant un quart de siècle, mais le Japon y avait fait diverses incursions et, en 1931, les armées du jeune empereur nippon Hirohito envahirent finalement cette riche province trois fois plus vaste et deux fois moins peuplée que le Japon lui-même. Rebaptisée par l’occupant « Mandchoukouo », elle se retrouve sous la coupe virtuelle d’un véritable revenant : Puyi, le dernier empereur de Chine ! Ultime avatar de cette dynastie mandchoue des Quing dont douze empereurs ont régné sur l’Empire du Milieu de 1644 à 1912, il avait été chassé du trône à quatre ans par l’instauration de la République, et de la Cité Interdite quinze ans plus tard : c’est alors le Japon qui avait recueilli ce prince déchu, dandy occidentalisé et fat, mais qui pourrait bien être une clé d’accès aux vastes richesses du sous-sol mandchou… Sitôt dit, sitôt fait : dès 1932, le Japon applique son programme de colonisation. Mis en coupe réglée, entre autres grâce à une émigration massive qui noie les autochtones et leurs possibles récriminations [le principe sert toujours], le Mandchoukouo bénéficie cependant d’un développement efficace et parfaitement organisé, auquel ne manque que la légitimité d’un véritable empereur mandchou... Ce sera chose faite le 1er mars 1934 avec le sacre de Puyi, l’orphelin de la Chine recyclé, qui n’aura évidemment aucun réel pouvoir. Six mois plus tard, envoyée par Le Petit Parisien, Ella Maillart entame son grand reportage.
D’abord promenée de fleurons de la réussite économique en fleurons de la réussite touristique, la jeune Genevoise, qui a déjà participé aux Jeux olympiques comme barreuse de régate et à la Coupe du monde de ski [!], puis parcouru à pied une bonne partie de l’Asie Centrale, n’est pas disposée à se contenter d’une expérience téléguidée. Avec son audace innée, elle s’enfonce bientôt dans le vrai Mandchoukouo, à la rencontre de ce peuple chinois « molesté » [sic] et de ses occupants japonais : de villes-champignons en villages de yourtes, par des froids terribles qu’elle combat à coup de thé, Ella Maillart furète, s’inquiète des prix des denrées de base pour les paysans, s’amuse de la vie artificielle des ingénieurs nippons en mission « civilisatrice », s’invite sans façon dans les dortoirs de chantiers qui jalonnent les voies ferrées en construction, entreprend de téméraires excursions vers les sommets et les lamaseries – et, surtout, se moque des policiers bridés et de leur bureaucratie ubuesque, sans doute la première forme répertoriée de mondialisation !
Bien que légèrement imbue de ses atouts – elle parle russe et se lie facilement avec les autorités de référence – Ella Maillart se montre d’une insatiable et généreuse curiosité pour la culture et le quotidien des Mandchous, et d’un solide esprit critique qui étaie sa vocation journalistique, même lorsqu’elle subit coups et blessures pour son appartenance à un Occident haï. Suivant les mêmes itinéraires que Nicolaï Baïkov, l’émissaire du dernier tsar, et sensible aux mêmes impressions, elle va donc parcourir de bout en bout l’éphémère Mandchoukouo [il ne survivra pas à la Seconde Guerre mondiale et à la défaite japonaise] durant trois pénibles mois d’hiver, amassant le matériau, pas toujours autorisé, d’un remarquable reportage socio-politique et humaniste qui fut sans doute passionnant pour ses lecteurs de l’époque, en proie aux séquelles de la Grande Crise et encore loin des congés payés… Rassemblés pour la première fois sous forme de récit par les éditions genevoises Zoé, grandes admiratrices de son œuvre, ces articles qui ont aujourd’hui trois bons quarts de siècle ont gardé toute leur fraîcheur et leur originalité, tant reste vif à l’ère d’Internet le goût pour l’aventure vécue.
Leur valeur s’est même enrichie de l’histoire sous-jacente qu’ils racontent, celle de la manière dont des hommes et quelques femmes, curiosité et passion en bandoulière, avaient autrefois choisi de saisir l’histoire vivante de leurs contemporains sans autres armes que leurs carnets de notes, leur gros Kodak et de bonnes chaussures pour braver les climats et les violences du monde. Sous-titré avec une belle intuition « En Asie, où guettent les maîtres de demain », ce reportage présente en outre bien des observations sur les otages politiques, le chaos entraîné par une occupation armée, le nettoyage ethnique, les trafics ou la criminalité qui ont gardé toute leur actualité... Mais la seule véritable critique d’Ella, l’intrépide navigatrice alpiniste mi-genevoise mi-danoise, est que les Japonais manquent tellement d’humour !

| 1) |
Peter Fleming, Phébus, Libretto, Broché, 2001, 423 pages
Prix : CHF 22.50
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 2) |
Amandine Roche, Payot, Petite Bibliothèque Payot, Poche, 2005, 333 pages
Prix : CHF 18.60
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 3) |
Svetlana Gorshenina, Olizane, Broché, 2003, 533 pages
Prix : CHF 39.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 4) |
Bruno Paulet, Olizane, Broché, 2007, 314 pages
Prix : CHF 39.00
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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| 5) |
Alexandra Lapierre, Christel Mouchard, Arthaud, Album, 2007, 237 pages
Prix : CHF 73.30
Disponibilité: Généralement expédié sous 3 jours à 4 semaines (selon disponibilité locale)
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