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Véronique Olmi. J’aime, j’ai aimé, j’aimerai


Isabelle Falconnier

Destin. La dramaturge et romancière française raconte ce qui
arrive lorsqu’on cède, 25 ans après, à son premier amour.


Véronique Olmi, née en 1962 à Nice, comédienne, dramaturge et romancière. Son premier roman, Bord de mer, avait reçu le prix Alain-Fournier en 2001.

Imaginez: vous préparez le repas du soir pour votre mari, tranquillement. Vous vous apprêtez à trinquer à 25 ans d’un mariage tendre, tranquille et plutôt réussi. Soudain, en déballant le vin, votre regard tombe sur une petite annonce imprimée dans le journal du jour: «Emilie, Aix 1976. Rejoins-moi au plus vite à Gênes. Dario.» Vous lâchez tout, vous éteignez le four, prenez vos clés de voiture et partez rejoindre Dario à Gênes, Italie. Dario? Votre premier amour, celui qui le premier a fait battre votre cœur, regarder les garçons comme des hommes et vous coucher sur le sable chaud en écartant les cuisses. Vous ne l’avez jamais oublié. La preuve. Un claquement de doigts et vous accourez ventre à terre. Misère. Mais est-ce vraiment Dario qui a écrit cette annonce? Qu’est-il devenu? Se souvient-il de vous aussi intensément que vous vous souvenez de lui? Pense-t-il vraiment à vous? Vous attend-il? Pour le savoir, il faut y aller. Vous y allez.

Le fantasme et sa réponse. A partir de ce fantasme aussi puissant que répandu, à savoir la réapparition du premier amour, lorsque l’été ou l’automne de la vie sont arrivés, Véronique Olmi tisse une trame attachante, intrigante et enlevée. Pour Emilie, emportée par cette vague du passé qui la submerge, c’est l’heure de la remise en question, du face-à-face avec les choses non réglées de l’adolescence, des rêves abandonnés, de la crise de milieu de vie. C’est long, Paris-Gênes en voiture. On a le temps de réfléchir, s’énerver, regretter, pleurer. De loin en loin, elle appelle son mari, lui dit «ne t’inquiète pas, je reviens». Reviendra-t-elle?

Son œuvre de femme. On dirait que Véronique Olmi n’a fait que cela toute sa vie, suivre les femmes prise d’une soudaine envie de fuite, de mouvement, de désespoir tonique. C’est qu’elle n’a vraiment fait que cela toute sa vie, d’écrivaine en tous les cas.
Comédienne, metteuse en scène, elle écrit pour le théâtre durant des années, avec de beaux succès comme
Chaos debout, créé en 1998 au Théâtre d’Avignon avec Anouk Grinberg ou Mathilde, monté avec Pierre Arditi et Ariane Ascaride. Mais depuis les nouvelles de Privée, publiées en 1998 également aux Editions de l’Arche, elle enchaîne romans et récit avec un vrai beau regard sur les relations entre hommes et femmes et les attentes fausses, déçues ou désarçonnantes de ces dernières. Dans Bord de mer, une mère emmène ses deux petits enfants dans une inquiétante balade au bord de la mer, prenant le dernier car du soir, «pour que personne ne (les) voie», atterrissant dans une chambre d’hôtel sordide.
Numéro six plonge dans le quotidien d’une fillette qui n’est que la numéro six, à peine digne d’amour, invisible et inutile. Un si bel avenir raconte la rencontre puis l’amitié entre deux femmes à un moment charnière de l’existence de chacune. En 2005, La pluie ne change rien au désir (Grasset) explore les possibilités du récit érotique, dit le sexe et le désir lorsqu’ils peuvent sauver une femme en perdition. En 2007, Sa passion (Grasset) brassait le passé à grands coups de fouet et suggérait comment, au cours d’une seule nuit où l’héroïne prétend à l’homme qu’elle aime qu’elle est avec un amant, une vie entière peut être revécue, revisitée, changée.
En 2008,
La promenade des Russes enfin racontait l’enfance de Sonia, partagée entre son présent et le passé de sa babouchka, grand-mère russe exilée après la Révolution d’octobre qui étouffe Sonia sous le tendre poids des samovars, des rêveries et de la nostalgie du paradis perdu. Acérée, piquante, la plume de Véronique Olmi explore la face intransigeante et violente des femmes mais n’oublie jamais d’être tendre et vraie avec ses personnages – féminins si souvent, masculins parfois parce que pour aimer autant que pour détester, il faut être deux. Le premier amour prend prétexte du retour fantasmé de la passion amoureuse d’antan pour se demander comment on se construit, depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, sur quelles émotions, idées ou malentendus. Si l’on n’est pas sérieux lorsqu’on a 17 ans, ce printemps-là marque pour la vie et parfois, on n’en sort jamais.

Le regard de Naipaul

L’écrivain britannique publie un petit récit où se croisent l’Inde du mythe et l’Inde réelle.


Michel Audétat


C’est une sorte d’amuse-gueule: Le regard de l’Inde est un petit livre d’une centaine de pages qui donne envie de lire l’ouvrage plus vaste, et pas encore traduit, dont il est extrait.
V. S. Naipaul commence par évoquer son enfance sur l’île de Trinidad où il est né, en 1932, dans une famille d’Indiens arrivés de l’Uttar Pradesh au XIXe siècle et qui cultivent le souvenir d’une Inde mythique, mais privés de tout contact avec l’Inde réelle. Puis le récit bifurque à mi-course, glisse tout à coup vers le personnage de Gandhi dont l’auteur commente le parcours, et revient finalement à sa famille en racontant le retour de sa mère au «pays du mythe».
A travers les éléments disparates du texte se faufile une fine méditation sur l’identité qui est un thème majeur dans l’œuvre de V. S. Naipaul.

Le Montana d’Amanda

Amanda Eyre Ward livre douze nouvelles qui racontent les femmes, l’amour, la vie.


Isabelle Falconnier


Une jeune bibliothécaire du Montana croise un satyre entre les rayonnages et refuse la demande en mariage de son fiancé. Un couple dont le bébé vient de mourir prend l’avion pour le Texas et une nouvelle vie. Une femme, dont le mari est mort le 11 septembre à New York, se met à fréquenter un homme ayant vécu la même tragédie. Lola refuse de voir que son bébé est autiste mais s’invente une vie sur catalogue. Les amours de Lola, douze nouvelles de la talentueuse New-Yorkaise Amanda Eyre Ward parfaitement construites et maîtrisées, attentives à chaque détail, à chaque battement de coeur, sont autant de bijoux de concision et d’émotions. On y retrouve en plus condensé ce qui faisait le sel des romans de la jeune Américaine, du Ciel tout autour au saisissant A perte de vue. Ouvertes, puissantes, elles s’intéressent à la vie souterraine des couples, des femmes et des familles, et laissent le lecteur tremblant d’avoir autant reçu en si peu de pages.

SOMMAIRE

ÉDITO.

ENTRETIEN.
Slavoj Zizek

VOGUE.
Être parents

PRIVÉ.
Catherine Lovey

ROMANS FRANÇAIS ET SUISSES

ROMANS ÉTRANGERS

POCHES ET POLARS

SOCIÉTÉ ET HISTOIRE

POLITIQUE ET PLANÈTE

CRITIQUES I.
James Ellroy

CRITIQUES II.
- Véronique Olmi
- V.S. Naipaul
- Amanda Eyre Ward

CRITIQUES III.
- Luis Sepulveda
- Alexandra Marinina
- Natsuo Kirino

CRITIQUES IV.
- Tolstoï, Poe, Camus
- Pierre Simenon
- Astrid Wendlandt

LES...
9782246755616.gif
Véronique Olmi
Prix: CHF 37.10

...LIVRES
9782246751519.gif
V. S. Naipaul
Prix: CHF 19.90

9782246749417.gif
V. S. Naipaul
Prix: CHF 20.80

9782283024287.gif
Amanda Eyre Ward
Prix: CHF 33.00